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Une visite commentée à travers la vieille ville


Au point de départ de la visite guidée de la ville, qui nous conduira devant ses édifices les plus importants, se trouve, sur le Rotteckring, l’Office du tourisme "Tourist - Information". Le bâtiment fut construit en 1935-1936 d’après les plans de Joseph Schlippe. C’est le premier bâtiment moderne à arcades de Fribourg, et a été un élément précurseur important pour la planification de la reconstruction effectuée par Schlippe, après que le centre-ville ait été presque entièrement détruit le 27 novembre 1944.

En face, se trouve le parc Colombi, sur l’emplacement d’un ancien bastion des fortifications dessinées par le maréchal Vauban après la conquête de Fribourg par la France en 1677. Au centre du parc se dresse le petit château Colombi. Cette résidence construite entre 1859 et 1861 pour la comtesse de Zea Bermudez y Colombi fut conçue par G. J. Schneider dans le style néo-gothique anglais. Les anciennes pièces d’habitation de la résidence abritent depuis 1983 le musée d’archéologie. L’escalier luxueux construit en fonte conduit à une collection archéologique d’une grande richesse comportant des pièces s’échelonnant de l’époque préhistorique au Moyen-Age en passant par l’époque romaine. Un petit vignoble situé au sud de la résidence est le dernier vestige dans la ville des "vignes de glacis", plantées sur les ruines après le dynamitage de la fortification en 1745.

En prenant la Turmstraße, nous passons devant la "maison de la corporation des fous" (musée du carnaval) et le plus ancien hôtel de ville de Fribourg, nommé depuis 1547 la "Gerichtslaube" car il abritait autrefois le tribunal, avant d’atteindre la place de l’hôtel de ville. L. "ancien hôtel de ville" (Altes Rathaus), sur la droite, a été construit de 1557 à 1559 à partir de la réunion de plusieurs maisons anciennes. A l’origine, la façade était entièrement peinte. Le "nouvel hôtel de ville (Neues Rathaus) a été construit entre 1896 et 1901 seulement, sur la base d’une double maison de la Renaissance. Ce bâtiment a abrité pendant de longues années les salles de cours et les bureaux de l’administration de l’université, fondée en 1457, avant de recevoir l’institut d’anatomie et la polyclinique.

Un carillon retentit chaque jour au lieu des douze coups de midi du haut de la tourelle située sur le corps central de bâtiment de l’ancien hôtel de ville. Les côtés nord et est de la place sont occupés par l’ancien monastère franciscain, dont l’église a été érigée en 1300. L’intérieur, complètement détruit en 1944, a été reconstruit selon les plans originaux. La fontaine se dressant depuis 1853 au milieu de la place, montre Bertold Schwarz, l’inventeur de la poudre à canon. La ruelle des Franciscains (Franziskanergasse) abrite, en plus des jolis bâtiments anciens, la maison "A la baleine" (Haus zum Walfisch), avec sa fenêtre en saillie de la fin de l’époque gothique et son magnifique portail en fer forgé. Jakob Villinger, trésorier-payeur de l’empereur Maximilien Ier, fit construire ce bâtiment entre 1514 et 1516. Le célèbre humaniste Erasme de Rotterdam, chassé de Bâle en 1529 par la Réforme, résida deux ans dans cette maison. La " cour de Bâle" (Basler Hof), située dans la Kaiser-Joseph-Straße, est également liée à la Réforme de Bâle. De 1587 à 1 677, cette maison a servi de résidence au chapitre de la cathédrale de Bâle en exil. Les chanoines firent redécorer le bâtiment, construit en 1496 pour Konrad Stürzel, chancelier à la cour de l’empereur Maximilien, et appliquer sur la façade les sculptures représentant les saints patrons de la ville de Bâle.
Dans la rue principale de Fribourg, avec ses passages sous arcades construits seulement après la guerre, se tenait au Moyen-Age le marché principal. Le milieu de la rue était occupé par des bâtiments en bois. La grand rue est limitée au sud par la "Martinstor" (Porte Saint Martin) surélevée en 1901/03, la "Christoffeltor" (Porte Saint Christophe) se trouvant autrefois au nord ayant été détruite en 1704.

La Münsterstraße conduit à la Münsterplatz (Place de la cathédrale), sur laquelle a lieu chaque matin l’animation colorée du marché. Cette place était entourée d’un mur jusqu’en 1785; au Moyen-Age elle était également utilisée comme cimetière. Au nord de la place, la ville construisit une halle aux grains en 1498. Ce "Kornhaus", également utilisé comme "Metzig" (abattoir), a été reconstruit en 1970. La synagogue se trouvant derrière la bibliothèque municipale a été inaugurée en 1987. Elle remplace l’ancienne, située sur la Werthmannplatz, qui fut incendiée par les Nazis en 1938.

Au sud de la cathédrale, la "maison historique des marchands" (Historisches Kaufhaus) montre bien l’importance du commerce dans le Fribourg médiéval. Le hall aux arcades témoigne de la fonction commerciale de ce bâtiment qui servait jadis de siège à l’administration du marché, des douanes et des finances. La ville l’a fait construire entre 1520 et 1530, et les armes et statues qui ornent les encorbellements et la façade indiquent les liens tissés avec la maison des Habsbourg.


Maximilien Ier, son fils Philippe de Bourgogne et les fils de celui-ci, l’empereur Charles V et l’archiduc Ferdinand Ier, sont les représentants d’une famille qui a régné sur Fribourg pendant plus de 400 ans. Le grand hôtel particulier de l’époque baroque situé à l’ouest du Kaufhaus, construit en 1756 pour servir de maison à la chevalerie du Brisgau et abritant aujourd’hui l’école de chant de la cathédrale, servait depuis 1832 de palais de l’arche vêché. A l’est du Kaufhaus, le peintre, sculpteur et architecte J.C. Wentzinger fit construire en 1761 son hôtel particulier, "Zum schönen Eck".
A l’intérieur, se trouve un remarquable escalier avec un plafond peint de la main du maître. La "maison de Wentzinger" (Wentzingerhaus) héberge depuis 1994 le musée de l’histoire de la ville. A côté de quelques belles maisons de chanoines, l’ancien corps de garde érigé en 1733 et actuellement "Haus der Badischen Weine" (Maison du vin badois) attire l’attention.

Depuis les arcades de la Kaufhaus, il est possible d’avoir la meilleure vue d’ensemble de l’histoire de la construction de la cathédrale, qui s’est étendue sur trois siècles. Cette construction, entreprise par le duc Bertold V de Zähringen pour lui servir de monument funéraire, est devenue, après l’extinction de la lignée des Zähringer en 1218, la tâche la plus importante des bourgeois de Fribourg. Les parties situées à l’est, en style roman tardif, ont alors été complétées par la nef gothique et le clocher situé à l’ouest, d’une audace sans précédent. La forme du choeur, reconstruit à partir de 1354 en style gothique flamboyant, répond à la volonté des riches familles de la ville, qui souhaitaient y avoir leur propre chapelle funéraire; sa consécration, en 1513, marque l’achèvement de la construction de la cathédrale. La riche décoration intérieure témoigne également du sens civique des habitants de Fribourg et de la générosité de leurs donations: ainsi les vitraux richement colorés, portant les armes des patriciens et des corporations, le maître-autel de Hans Baldung Grien, et surtout la décoration somptueuse des chapelles du déambulatoire, avec leurs vitraux du 16e siècle, leurs autels s’échelonnant de la fin du Moyen-Age au néo-gothique, et les dalles et monuments funéraires dans le déambulatoire et les chapelles attenantes. Il ne faut pas manquer non plus le cycle de la statuaire du porche ouest situé sous le clocher, basé sur un programme théologique hautement élaboré, ni omettre de grimper en haut du clocher. L’ascension en est récompensée par l’ancien beffroi où se trouve la cloche Hosanna qui, coulée en 1258, est l’une des plus anciennes d’Allemagne. Depuis la plateforme située sous le réseau géométrique ajouré de la flèche, nous pouvons admirer ce chef-d’oeuvre artistique et technique des bâtisseurs de l’époque gothique, et apprécier la vue qui s’étend sur la ville et ses environs.

Après avoir quitté la place de la cathédrale du côté est, nous passons devant l’ancien atelier des oeuvres de la cathédrale, et arrivons à la Herrenstraße. A côté de la Konviktkirche, ou "église des séminaristes", de style parfaitement classique, s’élève le siège de l’administration épiscopale, construit en 1903 en style néo-roman. Le canal principal alimentant les ruisseaux, appelés en dialecte alémanique "Bächle" et qui coulent depuis des siècles dans les rues de la vieille ville, passe devant de belles maisons de chanoines et d’anciens jardins de monastères. Ces ruisseaux servaient d’abreuvoir pour les animaux, mais surtout de protection contre les incendies. Par la Münzgasse (Rue de la Monnaie), dans laquelle se trouvait autrefois l’Hôtel des Monnaies, nous rejoignons la Konviktstraße (Rue des Séminaristes), constituant un exemple remarquable de restauration de la vieille ville, couronné par un prix. Les nouvelles maisons, construites soit dans un style entièrement moderne, soit en réutilisant les façades anciennes, se fondent dans un ensemble architectonique témoignant d’un urbanisme remarquable.

Le quartier tout autour d’Oberlinden est l’une des zones d’habitation les plus anciennes de la ville. Les caves profondes de ces maisons remontent à l’époque de la création de Fribourg. Au niveau de la Marienbrunnen (fontaine de Marie) d’époque baroque, sous le "haut tilleul" ayant donné son nom à la rue d’Oberlinden, l’embranchement des deux rues remonte à une époque encore plus ancienne. Ici l’ancienne grand-route menant à Herdern bifurquait à partir d’une voie commerciale toujours nommée d’après le produit qu’on y transportait, le sel des villes salines de Souabe. Il s’agit de la Salzstraße. Les ducs de Zähringen ont intégré sans modifications cette importante artère de transport dans leur ville. En 1200, la rue a été enjambée par la "Porte des Souabes" (Schwabentor), sur laquelle le portrait d’un négociant en sel souabe fut peint au 16e siècle. Le côté extérieur est décoré depuis 1903 d’une grande peinture murale représentant Saint Georges, le patron de la ville. Jusqu’au vingtième siècle, la zone située aux alentours de la Schwabentor était surtout celle des forgerons et des auber-gistes. Le restaurant "Zum Roten Bären" (à l’ours roux) est l’auberge la plus ancienne de toute l’Allemagne, et la liste ininterrompue de ses tenanciers remonte à 1387. Dans la Salzstraße, nous passons devant l’église des Augustins, avant de rejoindre la place du même nom, la Augustinerplatz. Avant de continuer, ne manquez pas d’admirer deux façades baroques très ornées, qui dominent le bas de la Salz-straße. Il s’agit à gauche de la commanderie des Chevaliers de l’Ordre Teutonique (22), construite en 1768 par F. A. Bagnato. La façade blanche du Palais Sickingen, construit par le Français P. M. d’Ixnard, est un peu plus récente. Les deux hôtels particuliers ont été gravement endommagés en 1944, et entièrement reconstruits en gardant l’ancienne façade. Le Palais Sickingen a été réouvert en 1965, et la Commanderie seulement en 1986.

La Augustinerplatz, ou place des Augustins, doit son nom au cloître des ermites de Saint Augustin (24). Celui-ci a été construit vers 1300, puis transformé en style baroque au début du 18e siècle, et il a servi de théâtre après l’abolition du monastère. Depuis 1923, l’église et les bâtiments conventuels abritent le musée des Augustins. Ses collections importantes sont surtout consacrées à l’art de la région alémanique, du Moyen-Age à l’époque baroque. Au-delà de l’Augustinerplatz, nous rejoignons l’ancien"faubourg en colimaçon", ancien quartier d’artisans au Moyen-Age, constituant la seule partie de la ville datant du 13e siècle qui fut intégrée à l’intérieur des fortifications à l’époque baroque, lors de l’agrandissement de Fribourg. Au sud du musée des Augustins, nous pouvons encore voir des restes de murailles de la ville datant du Moyen-Age. A gauche, nous ar-rivons à "l’Ile" (25), dont les bâtiments anciens ont été restaurés avec de grandes précautions. Le petit pont situé près du "moulin à huile" (Ölmühle) enjambe le canal des artisans, un bras de la Dreisam utilisé par les moulins, les ateliers des lapidaires et ceux des tanneurs. Ces corps de métiers constituaient l’essentiel de l’artisanat du faubourg au Moyen-Age.

La ruelle nous conduit ensuite devant l’ancienne école Adelhauser, abritant depuis 1985 le Musée d’Art moderne puis, à travers l’Adelhauserstraße, au "nouveau monastère Adelhauser". Il fut construit à partir de 1687, pour remplacer plusieurs bâtiments du monastère des Dominicaines de Adelhausen, village situé au sud de Fribourg, qui avaient été détruits pour construire les fortifications lors de la guerre de Trente Ans. La petite église abrite une nef sobre ornée de beaux autels baroques et de précieuses sculptures du Moyen-Age.
Il suffit de quelques pas pour atteindre la Fischerau (pré du pêcheur), où les pêcheurs des rivières et des torrents avaient autrefois leur domicile. Le long du canal des artisans, la Fischerau nous conduit devant la porte Saint Martin (Martinstor), entourée de grands bâtiments datant des années 1900. En passant par la Porte Saint Martin et la partie inférieur de la Kaiser-Joseph-Straße, nous atteignons la Bertoldsbrunnen (Fontaine de Bertold). Depuis le début du 19e siècle, elle marque le carrefour principal de la ville. Pour remplacer l’ancienne fontaine inaugurée en 1807 et détruite en 1944, Nicolas Röslmeir a construit un nouveau monument en l’honneur des fondateurs de la ville, les ducs de Zähringer, érigé en 1965.
La Bertoldstraße, en direction de l’ouest, nous conduit devant l’ancienne université et l’église de l’université, ayant constitués aux 17e et 18e siècles respectivement le collège et l’église des Jésuites, avant de rejoindre le quartier de l’université. Autour du bâtiment I de l’institution construit de 1909 à 1911 par le remarquable architecte badois Hermann Billing dans le "modern style" et de l’ancienne bibliothèque universitaire (Bâtiment IV) sont regroupés des bâtiments modernes. Deux anciens cloîtres de monastères se trouvent également au sein du complexe universitaire. Le Peterhof (36) (cour Saint Pierre) faisait partie du prieuré de St. Peter en Forêt Noire, et la maison rococo "Zur lieben Hand" (37) appartenait au monastère de Saint Gall. Sur la "Platz der alten Synagoge" (Place de l’ancienne synagogue), à l’ouest du boulevard périphérique, s’élève le théâtre municipal construit entre 1905 et 1910 sur l’emplacement des anciennes fortifications de Vauban. La grande salle peut accueillir 1000 personnes.

Au bord du Rotteckring, avant de retourner au syndicat d’initiative, nous passons devant le Schwarzes Kloster. Le nom de ce complexe important (le couvent noir) provient du fait qu’il fut construit par les Ursulines habillées de noir de 1708 à 1710. L’église (orthodoxe depuis 1894) possède une belle décoration intérieure ancienne ornée de stucs délicats. Dans ce groupe de bâtiments se trouve entre autres la "Freiburger Volkshochschule".
Au cours de ces dernières années, un développement fondamental de la ville s’est accompli au centre et à l’ouest. A la Bismarckallee il en résulte "l’axe de la gare" avec une nouvelle gare remplaçant après quatre décennies le provisoire d’après-guerre et surtout avec la salle de concert conçue par Dietrich Bangert et inaugurée en 1996. Passant les lignes de chemins de fer, on peut faire un crochet qui vaut le détour par le quartier Stühlinger avec ces tracés de rues datant des années de fondation et son église néogothique Herz-Jesu inaugurée en 1897.
Les autres quartiers proches de la vieille ville sont tout aussi remarquables, comme par exemple celui de Wiehre, au sud, avec ses nombreuses demeures dans le style art nouveau, son église néo-romane Saint Jean (Johanneskirche), sa petite église baroque de l’ancien centre ville appelée "Annakirchle" ou encore celui de Neuburg, au nord, où se trouve, au milieu d’un quartier résidentiel, l’ancien cimetière du début du siècle. Autour de la chapelle baroque Saint Michel, des monuments funéraires allant du baroque à l’historicisme évoquent une partie de l’histoire de la ville.

Il ne faut pas oublier le Schlossberg situé à seulement quelques minutes à pied du centre ville. C’est ici qu’au cours de ces dernières années certaines parties des anciennes et imposantes fortifications en état de ruine depuis 1745 furent rendues accessibles mais également compréhensibles grâce à des panneaux indicatifs et explicatifs.

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